Histoire

L’église de Tocqueville est dédiée à Saint Laurent, le patron des pauvres. Elle fut donnée en patronage à l’Abbaye de Montebourg.

Son origine se situerait dans la première moitié du 13ème siècle, si l’on se réfère aux trois fenêtres à lancettes du chevet, de style ogival. Malheureusement, elles sont masquées, d’un côté par le retable du maître-autel et de l’autre côté par la sacristie.

Cet édifice a reçu beaucoup de modifications au cours des siècles. Les ouvertures de la nef et du chœur ont été refaites ou modifiées ; mais l’ensemble est de style ogival.

La nef est flanquée au nord, d’un bas-côté dont les arcades sont soutenues par des piliers cylindriques. A la fin du 19ème siècle, cette partie a fait l’objet de grands travaux. Le portail ouest a été transféré au nord et remplacé par un portail en pierre calcaire. Le pignon porte à son sommet une statue du Sacré Cœur. Pour faire pendant au bas-côté nord, un bas-côté fut construit au sud dans le même style. Ainsi la nef est bien éclairée, par des fenêtres semblables avec des vitraux représentant les apôtres.

Il faut attirer l’attention sur  les fonts baptismaux du 18ème siècle et le tableau au dessus, représentant le sacrifice d’Abraham.

Le chœur et le sanctuaire ont dû être refaits à neuf après les exactions dues à la révolution. Le maître autel avec son retable à deux colonnes, son chapiteau ionique, deux fosses niches à console, l’entablement sommé de deux grandes volutes et une gloire rayonnante, sont l’œuvre de Aubin, menuisier à Valcanville.

St Laurent est représenté par une statue à gauche de l’autel ainsi que par un vitrail sur le côté droit. Il y a lieu de signaler le vitrail de gauche où figurent les enfants des donateurs. Sur le même côté, sont placées les statues de St Jacques et de Ste Catherine. Sur le côté droit, derrière la chaire, un vitrail représente le sermon sur la montagne ; parmi les trois hommes debout, à droite, celui du milieu aux cheveux courts est de la famille des donateurs.

A gauche du chœur, bien dégagée par une grande arcade, se trouve la Chapelle du Rosaire, qui serait l’œuvre des Seigneurs de Tocqueville (de Henot), ce qui leur donnait droit de séance et de sépulture. Trois tombes s’y trouvent. A souligner le bas relief de l’autel représentant la descente de croix et le vitrail de la donation du Rosaire à St Dominique. Les fenêtres et nervures de la voûte sont du 14ème siècle.

A droite du début de la nef, la chapelle du Sacré Cœur est aménagée sous le clocher. On y trouve la statue de Ste Marthe du 15ème siècle ainsi qu’un superbe autel en pierre calcaire et bas relief représentant l’apparition du Sacré Cœur à Catherine Labouré.

Le clocher, commencé avec la construction de l’église, était un clocher à bâtière de grande dimension. Mais après les travaux de la nef, fin 19ème siècle, il fut rehaussé et deux fenêtres à lancettes accolées ont été ouvertes sur chaque face.

Vers 1750, les deux cloches existantes furent refondues, auxquelles l’on en ajouta une troisième. Mais à la révolution, elles furent descendues et envoyées au district de Cherbourg pour faire des canons ; alors qu’il était possible d’en conserver une. A cette époque, les personnes élues, composant la municipalité, furent, suite à des dénonciations douteuses, relevées de cette fonction par un représentant du peuple venu exprès de Cherbourg ; et remplacées, sur désignation de ce même personnage. Quatre habitants, dont une dame, furent conduits en maison d’arrêt. Cette nouvelle municipalité, non élue, s’aperçut un peu tard qu’une cloche aurait été bien utile pour rassembler les citoyens de la commune pour les fêtes décadaires. Dans ce climat de troubles, une cloche fut « empruntée » à l’église de Ste Geneviève : cette commune étant alors comprise dans le canton de St Pierre Eglise.

Elle porte les inscriptions suivantes : « L’an 1777, j’ai été bénite par Mtre Michel François Pontus, curé de ce lieu et nommée Michèle, Jacqueline par ledit sieur curé et dame Jacqueline Suzanne Elisabeth Le Maillant épouse de Mtre André Langlois, Conseiller du Roy Vicomte de Barfleur ».

Sur les murs extérieurs de l’église, on aperçoit encore des graffitis représentent des bateaux anciens.

Etienne Laronche